Vente révolutionnaire
Le moulin banal est vendu à l’encan, le 21 décembre 1796 (An 5) en ces termes : un moulin à deux tournants et un gruaire
avec une terre labourable provenant de la commune de
Cairanne , beal, droits d’eau.
Les acheteurs sont des étrangers un notaire de Cavaillon Ruchon, flairant un bon coup, un certain Reboul de Sablet et un certain Domere de
Pernes .
En 1803, le préfet demande aux maires de dresser la liste des titres de concession des moulins, écluses, martelières .
Pour Cairanne :
« Que le citoyen Fabre acquéreur du moulin à farine a luy vendu par la nation appartenant cy devant à la commune ne peut produire aucun titre ».
Un faux du maire Marguerit, Fabre l’a acheté aux trois larrons précédents !
La famille Fabre gardera le moulin jusqu’en 1947 mais il s’arrête de fonctionner en 1939.
De nombreux épisodes marquent cette période : deux fois le moulin est détruit par les débordements de l’Aygues, le canal ou béal du moulin senlise,
ou s’éboule, à partir de 1880 conflit avec les utilisateurs qui arrosent leur prairie et plus grave des moulins concurrents.
Premier moulin concurrent
En 1818, un rapport des Ponts et Chaussées nous apprend qu’un certain Romain Roux demande de transformer la grange Caffin en un moulin à farine en utilisant la prise d’eau
d’arrosage existante. Les oppositions sont nombreuses venant des propriétaires voisins qui exploitent cette prise d’eau et du meunier Fabre arguant un manque d’eau pour son
moulin situé de l’autre côté de l’Aygues.
L’ingénieur réfute tous les arguments techniques.
Romain Roux pourra construire son moulin. Il apparaît dans le cadastre napoléonien.
En 1826, Roux vend son moulin au Dr Goudareau de Saint-Cécile et a un certain Leydier meunier qui revendra sa part au Dr Goudareau en
1831 .
En 1833 le conseil municipal de Cairanne délibère sur une demande du Dr Goudareau sur la maintenue du moulin à farine Caffin, existant depuis plusieurs année sans autorisation ( !).
Considérant que cette usine est avantageuse aux habitants de Cairanne sur le rapport de la concurrence, le conseil est d’avis qu’il doit être maintenu.
Etait-ce une demande de subvention déguisée ? Le moulin ne sera pas maintenu.
Deuxième moulin concurrent
À la même date, un certain Denis Mathieu demande de construire un moulin au lieu-dit Cabaret au sud du château Gallifet à l’emplacement voisin du premier moulin
de Cairanne (Chronique précédente). Fabre s’oppose à cette demande toujours pour des problèmes de prise d’eau de l’Aygues au niveau de Caffin.
Il semble qu’il n’y ait pas de suite à cette demande.
Troisième moulin concurrent 
En 1851, par un décret, on apprend que le sieur Quentin a établi un moulin à farine au lieu-dit Caffin sur la commune de Sainte Cécile à 100 m
au nord de l’ancien moulin Caffin sur la commune de Cairanne en utilisant la prise d’eau sur l’Aygues qui alimente le béal de
Saint-Cécile .
Les plans publiés montrent des travaux conséquents.
Une vraie menace : l’Aygues
Du sous-préfet d’Orange au Préfet, le 18 mars 1805 :
Vu la pétition du sieur Fabre meunier de la commune de Cairanne par lequel il expose que par l’effet d’une irruption de la rivière Aygues, le moulin à farine qu’il possédait
sur le territoire de la dite commune a été emporté ainsi que le terrain sur lequel il était situé. C’est pourquoi il demande décharge : 1) de la somme de 72 fr, montant de
la cotisation du terrain emporté ; 2) celle de 15 fr pour son droit de patente pour la présente année.
Le contrôleur des contributions constatant que l’usine du pétitionnaire est entièrement détruite estime qu’il y a lieu à décharge.
En 1890, le meunier Fabre fait une demande de subventions auprès de la Préfecture en ces termes :
« Par suite des crues de l’Aygues en 1888, 1889 et 1890 le barrage que j’avais construit a été emporté et la largeur des terres que le possédais ont été envahis par l’Aygues… S
i par des moyens de défense quelconques je ne parvenais pas à garantir le moulin, c’est pour moi et toute ma famille la ruine... »
Les Ponts et Chaussées envoient un ingénieur sur les lieux. Il constate les faits mais critique les travaux proposés par le meunier (suffisance administrative !).
Il faut envisager un travail d’ensemble mené par tous les propriétaires concernés. Cela permet de rejeter la demande de subventions.
 source : ADV
Superposition des cadastres de 1830 et moderne. En 1830, le lit de l’Aygues est déjà proche du moulin. En rouge le gîte des peupliers aujourd’hui qui aurait été partiellement sous l’eau.
Le lit de l’Aygues est à 200 mètres à l’ouest.
Souvenir 
Vers 1880, Michel Alary évoque le moulin : pour le pain, nous récoltions le blé, transformé en farine au moulin de Cairanne, c’est la mère Appolonie (la servante)
qui la pétrissait elle-même à la maison où le boulanger venait chercher la pâte sur ses épaules pour la cuire à son four. Son paiement en nature était un pain tous les vingt,
plus un morceau de pâte.
Gérard Coussot
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 Bâtiment (étymologie grue ?).
 ADV 1Q68
 ADV 7S4
 ADV, 7S1531
 source : ADV
Moulin de 1564, cadastre napoléonien de 1830
On voit qu’il existait une retenue en amont du moulin. Par un système de vannes, la nuit, la retenue se remplissait d’eau et
la journée la retenue se déversait sur la roue du moulin. Le meunier pouvait moudre. Ce système amortissait le débit du béal variable et parfois modeste lié aux conditions météo.
 ADV 3E62121
 Ce sont les seules informations
que nous ayons, les Archives départementales de Vaucluse étant fermées.
 Il existe au moins depuis 1625 ; c’est l’ancien lit de l’Aygues.
 source : ADV
Cadastre napoléonien de 1830 montrant le moulin Caffin et sa retenue d’eau sur le territoire de Cairanne proche de Sainte-Cécile
 ADV, 4Z4.
 source : Association
Localisation des deux moulins "Caffin" et du moulin Fabre.
 Denis Alary, Depuis plus de cent ans en Provence, BMA 4°19989
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